Ben – Sa plus grande rétrospective est à Lyon [09/03/2010]
Ben n’est pas qu’une calligraphie enfantine sur une trousse scolaire ou un stylo plume siglé J'écris pour la gloire. Pour comprendre son univers au-delà de son ego et des produits dérivés, il faut s’intéresser à Fluxus, à sa verve, à ses doutes et à ses combats.
Tout commence à Nice. Dans une petite boutique qu’il tient entre 1958 et 1973. La vente de disques – objet du commerce – n’étant pas des plus dynamique, BEN crée des événements, invite des artistes à exposer, décore la façade d'une accumulation d'objets hétéroclites, de phrases, de tout et de n’importe quoi, fait beaucoup de bruit et ouvre, au premier étage, un laboratoire. Il l’appelle le Laboratoire 32. C’est un lieu de rencontres et de débats où Ben commence à signer tout ce qui lui passe entre les mains, y compris les œuvres d’autres artistes et son propre corps. Vif, drôle, jaloux, tourmenté, Ben est peu concerné par l'œuvre d'art formelle et esthétisée. Il préfère des thématiques telles que l’art, la vie, l’ego, la vérité, l’éthnisme.
Ben, de son vrai nom Benjamin Vautier, vit en France. De fait, Ben n’est pas cher. 80% de ses œuvres partent pour moins de 5 000 $ en salles des ventes. Aujourd’hui, une acrylique sur toile à la calligraphie noire sur fond blanc cote entre 3 000 et 7 000 $ en moyenne. Des dessins originaux au feutre sont accessibles entre 400 et 900 $ seulement.
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Des artistes de l’envergure de Ben aux Etats-Unis ou en Angleterre vaudraient au moins dix fois plus. Quelques œuvres sont dispersées par les maisons de ventes de Phillips de Pury & Company, Bloomsbury, Sotheby's, Christie's ou Bonhams et les prix y sont parfois plus alléchants qu’en France. Le 17 octobre dernier, une acrylique sur papier de 70 cm partait pour moins de 3 000 $ chez Phillips de Pury & Company Londres.
Ben vend quelques œuvres en Allemagne, Suisse, Belgique, Italie, Pays-Bas mais l’essentiel de son marché (70%) est français. Son marché s’est bien accéléré sur la dernière décennie : il cumule vingt-neuf enchères à plus de 10 000 $ dont vingt-huit datent des années 2000.
De plus, le grand battage médiatique autour de sa rétrospective au Musée d’art contemporain de Lyon fait visiblement du bien à sa cote. Il signait d’ailleurs une enchère record de 35 000 €, soit 52 600 $, contre une estimation de 15 000-20 000 € le 24 octobre 2009 chez Millon - Cornette de Saint Cyr Paris. L’œuvre récompensée s’intitule Art and Fric, un titre très à propos en pleine période de crise du marché de l’art. Cette grande acrylique de deux mètres (1984) signée Peint par Ben, artiste corrompu par la mode est assez atypique : haute en couleurs, elle grouille de personnages fantaisistes et de phrases courtes faisant référence au monde de l’art et à ses marchands (Leo Castelli ou Durand-Dessert). Ben est aussi connu pour cela, dévoiler sans complaisance la face cachée du petit monde de l'art contemporain. Ses newsletters hebdomadaires en témoignent…
Si Ben a sorti l’art du musée pour le faire entrer dans la vie, parviendra-t-il à faire entrer la vie au musée d’art contemporain de Lyon ? Sa rétrospective intitulée Strip-tease intégral de Ben est ouverte jusqu’au 11 juillet 2010 avec plus de mille œuvres couvrant 50 ans de création. Le parcours promet d’être dense et l’état d’esprit (où Le tas d’esprits écrirait l’artiste) participatif !
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