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Le marché de l'art ancien plus exigeant que jamais [15/12/2008]

Face aux étoiles filantes que furent les artistes contemporains chinois, indiens ou moyen-orientaux, dont le marché a été alimenté par des tentations spéculatives, le marché de l’art ancien est nettement moins volatil et donc moins risqué. Il n’est pas à l’abri pour autant… Le secteur avait déjà lourdement souffert lors de la précédente crise : après un sommet atteint en 1990, son indice des prix régressait de moitié en 1993, avant de se stabiliser au milieu de la décennie.

Les chefs d’œuvres sont rares et la demande exigeante. Le marché de l’art ancien est ainsi soumis à quelques adjudications exceptionnelles pour des toiles de qualité muséale dont le vivier est considérablement asséché.
La dernière décennie fut le théâtre de quelques coups de marteau très médiatisés. En tête d’affiche, citons Le Massacre des innocents de Peter Paul RUBENS qui devint, à 45 millions £ (M$ 69,7), l’œuvre ancienne la plus chèrement adjugée en juillet 2002 (Sotheby’s). Elle propulsait le produit des ventes annuel de l’artiste de +1 790% ! Lorsque des œuvres d’exception émergent enfin sur le marché des enchères, leurs prix s’envolent aisément. Le marché de Jean-Antoine WATTEAU par exemple, chiche en œuvres maîtresses, fut secoué par la mise en vente de La surprise, un chef d’œuvre que l’on cru perdu pendant 160 ans. Seules 13 peintures de l’artiste furent proposées aux enchères entre 1996 et 2008 et aucune n’avaient les qualités requises pour emporter jusqu’alors une enchère à 7 chiffres. En juillet 2008, sa Surprise annoncée entre 3 et 5 millions £ grimpait à 11 millions £ (M$ 21,7), illustrant l’engouement déclenché par de telles raretés et la force de la demande.
Même en période de crise, les œuvres majeures de l’art ancien sont disputées. Pour preuve, ce nouveau record signé pour Portrait of a lady as Flora de Giovanni Battista TIEPOLO (1696-1770) le 2 décembre 2008. L’œuvre triplait son estimation pour une enchère gagnante de 2,5 millions de livres (M$ 3,7).

Les collectionneurs d’art ancien ne se laissent pas impressionner par le prestige d’une signature malgré la raréfaction des pièces. L’aboutissement d’une œuvre et sa bonne conservation sont des impératifs auxquels ne dérogent pas même Pieter II BRUEGHEL , dont les prix peuvent varier du simple au double pour un même sujet. Une version de The wedding Feast par exemple, un festin de mariage dont il réalisa plusieurs versions à l’huile modifiant quelques couleurs et dynamisant la construction selon ses essais, cote entre £130 000 et £280 000. La dernière version en date fut proposée chez Christie’s le 2 décembre et frappée en deçà de son estimation basse (£250 000), soit £220 000 ($333 630). Un score toutefois honorable face à la contraction des achats constatée sur d’autres vacations automnales. Cette cession du 2 décembre de Christie’s enregistrait en effet un taux d’invendus raisonnable de 23%. Le lendemain, la vacation d’art ancien de Sotheby’s eut moins de succès, ravalant 39% des œuvres présentées.


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