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Estampes : les segments de marché [03/12/2002]


A l’approche de la fin de l'année, les estampes peuvent s’avérer être un cadeau de premier choix pour les amateurs. A moins de 1 000 euros, au delà du plaisir esthétique, les lithographies sont aussi une source de rentabilité très importante. Dans cette gamme de prix, elles ont assuré une plus-value moyenne de 26% à leur détenteur entre septembre 1999 et septembre 2002.

Le prix d'une estampe, comme pour une œuvre d'art en général, va dépendre de la notoriété de l'artiste, du sujet, du format, de l'état de conservation mais également, et ceci est propre aux estampes, du nombre d’exemplaires et de l'état de tirage. Les épreuves d’état sont ces épreuves intermédiaires, avant le tirage définitif. Tirées à petit nombre, il va sans que dire ces épreuves sont beaucoup plus rares que celles du tirage final. Comme toujours, la loi de l'offre et de la demande régule le marché. Contrairement à d’autres secteurs, celui de l’estampe est régi par une autre règle originale : plus l’œuvre est rare, plus elle est chère, mais moins elle est rentable (voir ArtMarketInsight du 09/07/02).

Ainsi, les estampes achetées plus de 10 000 euros en septembre 1999 ont perdu en moyenne 7% de leur valeur. Néanmoins, avec un marché très sélectif ces derniers mois, la tendance tend à s’inverser sur ce segment. Les estampes les plus chères sont réévaluées à la hausse depuis 5 mois. Seules les œuvres exceptionnelles font l’objet de surenchères actuellement. Par contre, même si elle reste très rentable à moyen terme, la catégorie des estampes adjugées moins de 1000 euros est fortement dépréciée depuis juillet. Elle subit de plein fouet la baisse du nombre de transactions concomitamment à la hausse du taux d’invendus. Conséquence : le volume de ventes a baissé de 28,4% entre le premier semestre 2001 et le premier semestre 2002.

A plus de 10 000 euros, le marché des estampes reste relativement restreint. En 10 ans, seuls 750 artistes ont eu un lot vendu au delà de ce seuil. Dans cette gamme, en tête des plus représentés en salle des ventes figurent Pablo PICASSO (1881-1973) (1256 estampes adjugées plus de 10 000 euros depuis 1992 !), Marc CHAGALL (1857-1985), Henri DE TOULOUSE-LAUTREC (1864-1901) et Andy WARHOL (1928-1987). A l’opposé du très haut de gamme, les estampes de moins de 1 000 euros dominent le marché avec 72% du volume de ventes pour seulement 13% du chiffre d’affaires entre 1992 et 2002. Les leaders de la gamme sont Horst JANSSEN (1929-1995), Salvador DALI (1904-1989) et Marc CHAGALL (1887-1985).

Cette année, l’Allemagne reste numéro un dans ce domaine. Elle domine le marché des estampes à moins de 1000 euros avec 29% du volume de ventes, devant la France, la Scandinavie et le Royaume-Uni. De leur côté, les Etats-Unis sont spécialisés dans le très haut de gamme. Ils réalisent 45% des enchères d’estampes adjugées plus de 10 000 euros en 2002. Néanmoins, Londres s’affiche de plus en plus comme un sérieux concurrent.
En décembre, les ventes d’estampes se déroulent essentiellement en Europe. Du 3 au 5 décembre, entre Bonhams, Sotheby’s et Christie’s, ce sont près de 1000 lots qui vont être mis en vente à Londres. A Paris, Piasa accueille une vente de 196 épreuves modernes.

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