|
Le 22-23 octobre, Sotheby’s New York organise une vente aux enchères autour d’une
sélection de photographies issues du Museum of Modern Art. Suite au succès de la précédente
vente de photos du MoMA en avril 2001 (près de 2,15 millions de dollars de chiffre d’affaires),
Sotheby’s espère réaliser plus de 2 millions de dollars de chiffre d’affaires avec les
212 lots dispersés. Toutefois, même si la photographie moderne a la cote cette année,
beaucoup des artistes présentés lors de cette vacation ont peu de succès actuellement.
La période moderne est la plus riche du marché de la photographie. Elle représente
67% des tirages vendus aux enchères. Les épreuves modernes sont fréquentes mais elles
offrent peu d’opportunités de spéculation : seulement 3,5% de hausse des prix
entre 1997 et juin 2002. Durant cette même période, seuls les artistes très productifs
engendrent des bénéfices. Sur ce segment, la corrélation entre la productivité de
l’artiste et la hausse de sa cote à moyen terme est forte : la multiplication
de lots proposés aux enchères est un gage de leur valorisation. Les meilleures performances
sont obtenues par des artistes souvent présentés en vente publique. MAN RAY , Walker EVANS , Ansel Easton ADAMS , BRASSAÏ , Harry CALLAHAN ont chacun été présents plus de
50 fois en vente publique en 2001 et tous ont vu leur cote plus que doubler depuis
5 ans…Le plus rentable de tous : BRASSAÏ . En moyenne, 100 dollars
investis en 1997 dans une de ses photographies valent actuellement 400 dollars (il
ouvrira le bal lors de la vacation de Sotheby’s avec 3 lots pour des estimations comprises
entre 8 000 et 18 000 dollars).
|
|
La conjoncture est toute autre pour les confrères vendus moins régulièrement. Alfred STIEGLITZ , Edward Henry WESTON , László MOHOLY-NAGY , Margaret BOURKE-WHITE , Paul STRAND ,
et bien d’autres n’ont pas été porteurs de plus-value sur la période 1997-2002.
Parmi ceux présentés durant la vente des 22-23 octobre, nombreux sont les photographes
en perte de vitesse depuis le début de l’année. A observer les dernières tendances,
les risques de ravalement sont élevés pour deux lots phares , notamment pour
un tirage d’Edward STEICHEN (Dolor, estimé 70 000 – 100 000 $) et l’autre d’Alfred STIEGLITZ (Apple and Gable, Lake George, estimé 100 000 – 150 000 $) :
la cote de ces deux artistes tend à baisser et ils font tous deux l’objet d’un taux
d’invendu particulièrement élevé (42%). Le lot le plus attendu avec une estimation
de 150 000 – 250 000 $ : une épreuve de MAN RAY , Untitled (Rayograph with
flowers and ferns). Même si la cote de cet artiste phare a gagné 8 points depuis
le début de l’année, 48 des 124 lots proposés au 1er semestre 2002 n’ont
pas trouvé preneur.
En parallèle à la vente de Sotheby’s, Christie’s propose le même jour un large éventail
de 431 photographies. Couvrant toutes les périodes et styles du médium, la vente commence
par une épreuve de Lewis CARROLL et se termine avec Chris VERENE
|